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Actualités – EDITOS | Enseignement Privé Catholique de Vaucluse Diocèse Avignon (84)

EDITOS

Olivier de Coat - Directeur Diocésain

EDITOS

Olivier de Coat Directeur Diocésain

Quelle douceur et donc quelle force il y a dans cette représentation du lavement des pieds.

Jésus nous indique ainsi la bonne manière de vivre nos relations et nos responsabilités.

Le maître lui-même prend un linge se met à genoux et va laver les pieds de ses disciples.

Comme l’esclave qui effectuait cette tâche, comme un serviteur….

Ainsi quelle que soit notre responsabilité nous sommes invités à cette attention, à cette délicatesse relationnelle, à la recherche de l’écoute, à la considération et à l’amour de l’autre.

Cette image nous dérange certainement par rapport aux idoles que nous nous fabriquons parfois d’un Dieu qui ressemblerait à notre désir de toute puissance.

La vraie gloire de Dieu est là dans cette attention toute particulière au petit et au fragile.

Je nous souhaite de nous mettre « à hauteur d’homme » pour finalement nous mettre dans la même attitude intérieure et extérieure que JESUS tout au long de cette année scolaire 2022/2023.

Quelques EDITOS souvenirs...

Thierry Aillet - Précédent Directeur Diocésain

NON, L’ESPRIT SAINT N’EST PAS LAS ! - Edito mai 2021 Pentecôte

NON, L’ESPRIT SAINT N’EST PAS LAS !

« Je vous enverrai le Défenseur » avait-Il promis, et Il a tenu parole. Bon d’accord, l’Esprit saint n’est pas la personne la plus simple de la Trinité, à présenter ou à se représenter, mais Il est bien là. Mais bien entendu, Il n’a strictement rien à voir avec un vulgaire défenseur des droits…Après nous avoir donné Ses consignes avant de « monter au ciel », Il nous envoie les 7 dons de l’Esprit Saint en ce jour de Pentecôte.

Une lecture superficielle de la Foi peut laisser entrevoir en Lui une petite voix permanente qui nous défend ce qui nous fait envie. Un vrai boulevard pour ceux qui croient encore que la Foi est un catalogue d’interdits. Et ceux qui se plaisent à répandre cette image fausse et répulsive de ce que nous sommes ou plutôt de ce que nous ne sommes pas.

Non, nous ne sommes pas des rabat-joie. Non, nous ne nous trimbalons pas en permanence avec une gueule de « vendredi Saint » ou des grimaces de « pisse-bénitier ». Non, être chrétien ne consiste pas à préférer la souffrance au plaisir, la privation à la jouissance. L’amour, l’amitié, l’enthousiasme sont, au contraire, des vertus que le christianisme a encouragées, que le Christ lui-même a pratiquées. Pas un amour triste et gnangnan, mais un feu qui consume tous les égoïsmes, les réticences, les préférences. Bref, en gros, l’opposé de ce qui est en vogue aujourd’hui. Ce qui nous rappelle que l’éternité a un gros avantage sur la mode n’est-ce pas ?

L’Esprit était là dès le début. C’était même Lui qui soufflait sur les eaux, en une espèce de tsunami constructeur. Mais, après Son départ, Jésus nous l’a envoyé, plus officiellement, parce qu’Il savait bien qu’à nous tout seuls nous n’allions pas réussir grand-chose. Que nous allions nous évertuer à instaurer des lois, des ordres, des panneaux de signalisation, des parcours du combattant, des ornières, des contrôles- radar, des passeport-sanitaires, des pass-covid, des pass d’allégeance au NOM (nouvel Ordre Mondial) et toutes sortes de Jiminy Cricket pour nous inculquer une morale à deux maravédis.

Alors que ce qu’on attend de nous c’est d’aimer. De poser, sans cesse, de toute la force de nos petits bras, des gestes d’amour, des paroles amicales, des regards bienveillants, des actes mus par la recherche de la vérité et de la justice et de la paix.

Pourquoi aimons-nous si peu ? Serait-ce que nous avons peur ? Peur de donner, de recevoir à proportion, de tout laisser tomber pour aimer vraiment ?

Seigneur, Tu nous a dit « N’ayez pas peur ! », et nous faisons tout le contraire. Comme un chien à qui l’on crie « Va chercher » et qui reste, en tremblant, tapi dans son panier. En fait nous crevons de trouille, et, pour faire oublier les peurs les plus terrifiantes, nous nous en inventons des domestiques, des apprivoisées, des baudruches.

Jusqu’au sein de Ton Église, nous créons un théâtre d’ombres, avec des marionnettes qui jouent à nous effrayer. Nous jouons à craindre de n’être pas modernes, pas tradis, pas reconnus, pas motivés. Et nous n’aimons pas ceux qui ne partagent pas nos peurs faites maison. Même dans l’Église, nous n’aimons pas ceux qui diffèrent, ceux qui s’éloignent de ce que nous pensons être « le bon positionnement ». Donnant à ceux qui nous observent, de l’extérieur, proche ou lointain, un piètre exemple de disciples de Celui qui a dit « Que tous soient Un ».

Aurions-nous peur d’aimer ? De n’être pas aimés autant que nous aimons ? Si tant est qu’on puisse quantifier. Alors nous avons des flashs, des emportements, des dégoûts soudains, des sautes d’humeur, des nausées subites. Ça ne se raccroche à rien, ça ne dure pas, on nous a dit qu’une sincérité instantanée valait mieux qu’une fidélité décennale. On les a vus, dans l’Évangile, ces spontanés, séduits par l’enseignement du Christ, partant en courant, ou en pleurant quand ils réalisaient que tout n’allait pas se réaliser tout de suite.

Car si le chrétien se caractérise par ce qu’il ne fait pas, ce qu’il ne mange pas, ce qu’il s’interdit, c’est qu’il n’a rien compris. Disons qu’on lui a mal expliqué. Ou qu’il avait des ancêtres jansénistes, ces bonnets de nuit étriqués qui sclérosent le coeur à force de comprimer la tête. On en trouve des traces nombreuses dans notre Église. Ainsi d’un auditeur d’une conférence donnée à Notre-Dame du Laus, à l’occasion de la proclamation officielle des apparitions de la Vierge à Benoîte Rencurel, en 1664. Cette date fut prétexte à affirmer que le message de Marie n’était pas « de la petite bière ». Ce qui provoqua les froncements de sourcils de ceux qui ne voient pas d’un bon œil l’humour s’immiscer dans l’exégèse. Pas de marioles dans la mariologie !

Ceux qui considèrent la vie comme un jeu de maux ne comprennent pas que l’humour est une pichenette à la fatalité, une forme allégée de l’amitié, une passerelle jetée sur le gouffre de la solitude, de la souffrance. C’est l’esprit avec un petit « e », petit caillou sur la route qui mène à celui qui commence par un grand.

Dans l’enthousiasme de l’effusion fraîchement reçue, les disciples, pêcheurs hirsutes de poissons de lac, illettrés pour la plupart, s’en allèrent proclamer les merveilles de Dieu en des langues qu’ils n’avaient jamais apprises. Scène cocasse, suscitant l’émerveillement des badauds, venus de tout l’orient compliqué, sur de placides dromadaires et qui ne s’attendaient pas à ce qu’on s’amuse autant à Jérusalem. Il semble d’ailleurs qu’on ne s’y soit pas beaucoup diverti depuis…

Ah ! si l’Esprit de Pentecôte nous rendait plus joyeux, plus aimables, plus aimants, plus souriants, même en sortant de la messe…chaque dimanche serait J.M.J. : Journée Mondiale de la Joie …Miséricordions !

Que l’Esprit de Pentecôte nous enseigne à aimer longtemps, sans conditions, humblement, comme si nous posions la première pierre d’une éternité. Chaque fois que notre charité se met à l’œuvre, c’est un caillou de plus qui s’agrège à ceux qui édifient déjà le Temple.

Mais que l’Esprit de Pentecôte ne nous enferme pas dans un petit camp retranché assailli de partout et tapi de trouille ; qu’il ne nous laisse pas nous recroqueviller sans bouger ou en parjurant de peur d’être stigmatisés, insultés ou persécutés mais qu’il nous rende audacieux pour affirmer nos convictions et proclamer les merveilles de Dieu. Qu’il éradique nos timidités, nos mollesses, nos lâchetés, nos trahisons et nous arme pour annoncer l’Evangile à temps et à contretemps en proclamant notre foi.

Au mont des Oliviers, le Christ ressentit frayeur et angoisse. Il a voulu assumer la peur dans tout son tremblement, dans toute sa laideur. Ça n’est pas beau à voir, c’est une purification, une purge – ce qui nous apprend l’humilité et la dépendance, ce qui nous pousse à nous tourner vers le ciel, quand notre orgueil veut nous replier sur notre auge.

Les résurrections sont là où sont les tombeaux.

Seigneur, apprends-nous à aimer, aimer et faire ce que Tu veux, car c’est une seule, même, difficile et indispensable chose.

Belle et sainte Pentecôte !

Dieu n'a pas beaucoup d'amis ? ... - Edito mai 2021 Ascension

Dieu n’a pas beaucoup d’amis ? …

Un homme allait partir en voyage, loin, longtemps, vers l’inconnu, l’inaccessible, sans portable, sans internet, autant dire à perpette. Avant de quitter ses amis il leur recommande de prendre soin du poisson rouge, de vider le frigidaire, de tondre la pelouse. Lequel d’entre eux oubliera, fera le contraire, videra le poisson, tondra le réfrigérateur ? Aucun. Bien sûr. Quand on prend soin de ce que l’ami lointain vous a confié, c’est de l’amitié qu’on s’occupe, c’est le plus précieux qu’on entretient.

Une femme allait passer dans l’autre monde, de son lit de souffrance, elle recommanda à sa sœur de veiller sur ses enfants. Croyez-vous que celle-ci n’en ferait rien ? Qu’elle les emmailloterait pour les déposer nuitamment sur les marches de la DASS ?

Un sous-marinier partait pour six mois sans contact, un navigateur pour le tour du monde, un pèlerin pour Saint Jacques, un vieillard pour la maison de retraite, une petite fille pour la classe de mer : ce qu’ils auront demandé à ceux qui restent, la dernière parole sur le pas de la porte, le « et surtout », le « j’oubliais », l’« est-ce que tu », croyez-vous que nul ne s’en soucierait ?

Ce que nous accordons à l’un des nôtres, non pas comme la moindre des choses, comme une politesse, un renvoi d’ascenseur, une faveur, mais comme étant notre honneur même, le meilleur de ce dont nous sommes capables, l’accorderons-nous à Dieu ?

Mais voyons, bien sûr ! se rengorge l’une, tandis qu’un autre tartarine, fanfaronne, s’offusque, main sur le collier de perles, yeux en soucoupe. Et, tous, nous sommes bien persuadés d’être exemplaires de ce point de vue. Nous rendons à Dieu ce qui est à Lui, y compris quatre pièces de cinq centimes dans le panier du dimanche, et sommes assidus à faire ce qu’Il demande.

Sauf que, sauve qui peut, ce dimanche, juste avant que nous farfouillions à la recherche de la quatrième pièce, le Christ a formulé une dernière prière. Précédant de peu son départ, comme nous le rappelle l’insistante formule « au moment où Il passait de ce monde à son Père ». (Ne tremblez pas, de là où je suis, je ne vais pas vous demander laquelle).

Il requiert du Père que nous soyons un. Unis, soudés, solidaires, comment dire ? Pas brouillés, pas éparpillés, pas en vrac. Uns avec un « s », comme quoi la grammaire et la Foi peuvent suivre des voies différentes.

Déjà, le collier de perle tangue, Tartarin a des vapeurs : ils savent bien que là, sur ce point, nous ne sommes pas exemplaires. Méfiants, divisés, sectaires, capricieux, je n’en jette plus, tous se sont reconnus. Critiques à l’égard de tout ce qui diffère, conciliant avec ce qui est opposé, nous courons porter secours à des hommes tombés sur des brigands lointains, passant en trombe devant des victimes proches de nous. Fusionnels avec les animistes, les adorateurs d’objets divers (livres, statuettes, amulettes, gris-gris…) nous nous montrons féroces avec ceux qui, dans l’Église, ne s’habillent pas comme on aime, ne célèbrent pas comme on préfère, ne militent pas où l’on pétitionne…

Notre charité est trop bien ordonnée, elle minaude, a ses chouchous et ses bêtes noires. Mais la Foi n’est pas un buffet de hors d’œuvres, on ne choisit pas. Et quand l’un des nôtres tend la main vers un déviant, un tordu, un tout autre que nous, il n’est pas conforme au message glissé avant le départ du Christ de glapir, de condamner. Quand la charité est très compréhensible, elle n’est pas très coûteuse. Ce qui ne signifie pas qu’elle ne vaut rien, mais nous avons de plus grosses coupures dans notre besace et ce sont celles-là qui feraient le plus grand bien.

Peut-on se dire « ami de Dieu » et ne pas tout entreprendre pour réaliser, prioritairement, ce qu’Il nous a demandé avant de nous laisser régir la Création, et nous-même, conformément à ses commandements ?

Ou alors, Dieu n’a pas beaucoup d’amis…

Il ne nous a pas confié le poisson rouge, la pelouse, le frigo, mais le monde et notre âme, afin que nous réalisions l’unité dans les deux. En commençant par le plus proche.

Jésus aujourd’hui s’en va. Et il nous laisse ce commandement d’unité, unité en nous-mêmes et unité dans le monde.

Mais cette unité surgit de la vérité. L’unité, c’est le Christ crucifié. La charité n’est jamais quiète, elle n’est jamais tranquille, elle ne chausse pas des charentaises. C’est pour cela que Jésus dit aussi : « je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère, et l’on aura pour ennemis les membres de sa famille » Matthieu 10 :34-36

Les prophètes, comme le Christ, sculptèrent l’unité sans trahir la vérité. Les prophètes, comme le Christ ,dénoncent le mensonge et ce qui sépare l’homme de Dieu.

Belle fête de l’Ascension !

Les Rois Mages - Edito Janvier 2021

LES ROIS MAGES

On peine à trouver des vœux de qualité à souhaiter à ceux qu’on aime et plus encore aux autres. Certains avaient de l’épargne et sont inquiets, d’autres n’en avaient pas et ne valent pas mieux. Certains attendaient tout d’un nommé Emmanuel, et c’est le Préfet d’Ille et Vilaine qui vint avec cordon sanitaire de CRS et misère saluer l’an nouveau aux 2500 participants d’une rave party qui sidéra les ténèbres et insulta l’espace de trois jours l’interdiction par l’Etat de festoyer à plus de 6 personnes.
Souhaiter un chômage indemnisé, un travail partiel rémunéré, une retraite décente, un repas chaud par jour, une activité professionnelle libérée, l’éloge du travail, une santé acceptable. Ou le loto dans l’ordre, le tiercé sans complémentaire, la prime à la casse d’un véhicule Crit’Air 3. avec le bonus écologique…et la vérité sans masque.

Puis le cours des choses a repris, et il charrie des morts, des blessés, des misérables et des nantis, des espoirs et des craintes. Faut-il nier le réel et souhaiter des chimères ? Faut-il prendre les faits et souhaiter qu’ils n’aient qu’un impact modéré ? Faut-il tout accepter pour renoncer à tout ou résister.

« A force de tout voir, on finit par tout supporter ; à force de tout supporter, on finit par tout tolérer ; à force de tout tolérer, on finit par tout accepter ; à force de tout accepter, on finit par tout approuver » écrivait Saint Augustin. Et la tyrannie du bien s’installe.
La tyrannie du bien, au nom du bien, est pourtant la pire de toutes parce que c’est elle qui ment le plus. C’est elle qui prétend faire le bien de l’homme quitte à le lui faire avaler de force ; c’est elle qui prétend obliger l’homme à être solidaire en lui arrachant ce qui lui appartient pour le donner à ceux qu’elle juge finalement plus méritants.

Que nous propose l’Église pour éclairer notre choix ? Trois rois mages. Sorte de boy’s band ésotérique : rois de quoi ? Mages mais encore ? Trois, qui l’a dit ? Peu importe, au fond. Laissons à la prochaine production de Noël d’Arte – si l’on parle encore de Noël – le soin de distiller le doute, de nommer inventions ce qui est certain et certitude ce qui est hypothèse. Laissons ceux qu’on paye sur France-Inter, sous les oripeaux de la liberté d’expression cracher quotidiennement leur fiel sur l’église et insulter les catholiques.

Car les mages sont de tout temps, et aujourd’hui encore, ils sont parmi nous. Pas nécessairement enturbannés, vêtus de soie chamarrée, porteurs de coffres richement ornés et pleins de substances merveilleuses, comme des livreurs de pizza costumés.

Voici Gaspard, il est venu au pays du dieu dominant lui rendre hommage. Là d’où il vient on crève la faim. Il a économisé dollar par dollar pour venir, de nuit, sur des radeaux de fortune, charrié sur des mers impitoyables par des pilotes incertains et des passeurs mafieux. Mais il est venu jusque chez nous pour prendre part au culte du dieu argent, pour prélever son dû, en tant qu’homme, en tant que survivant du long voyage clandestin, en tant qu’espérant rentrer chez lui par un autre chemin.

Que vient-il nous dire ? Que nous sommes incroyablement plus riches que nous ne le croyons, plus généreux que nous ne le savons, plus semblables à lui que nous ne le voudrions.

Et puis voilà Melchior, qui étudie chez nous, la médecine, l’économie, le droit, denrées rares en son lointain pays. Il espère y retourner pour porter ces présents à son peuple. Ses vêtements ne laissent pas deviner le mage, encore moins le roi, il vit dans une cité universitaire mal chauffée, ses baskets sont usées, sa ceinture en chameau peine à retenir son pantalon de toile.

Que vient-il nous apporter ? La certitude que l’Espérance emporte tout sur son passage. La force de la persévérance, l’utopie de la santé, de la justice, de la générosité. Lui ne videra pas nos poubelles, il évitera que trop de ses compatriotes vivent dans une déchetterie, se nourrissent des restes de nos restes, des pelures de nos fromages…

Enfin voici Balthazar. Il est chez nous en Vaucluse pour annoncer l’Enfant-Roi : c’est un prêtre. Il est camerounais, ivoirien, sénégalais, dahoméen, burkiné, vietnamien, roumain, polonais, brésilien, argentin, chilien, espagnol, chaldéen. On lui a confié vingt-sept clochers, neuf mille âmes, pas même le SMIC et zou !

Au pays où l’espoir se compte en euros, où l’obésité menace, où le président de la Chambre de Commerce s’appelle Hérode, Balthazar est venu, à contre-courant, rendre témoignage en une langue qui n’est pas la sienne, à des paroissiens qui auraient préféré un autochtone, de la Vérité qui n’a pas de patrie non plus.

Voilà les mages d’aujourd’hui. Toujours venus de loin, porteurs de présents insoupçonnables. Les voyons-nous ? Les accueillons-nous, comme il se doit pour des personnes de qualité, nos surplus et notre essentiel leurs sont-ils accessibles ? Notre cœur est-il en fête quand nous les croisons ? Notre amitié leur est-elle acquise parce qu’ils sont des humains et qu’ils nous apportent ce qui nous manque tant ?

Je vous souhaite de rencontrer ces mages, de les recevoir, de les découvrir, de les aimer, de vous laisser instruire par eux. Et puis, lentement, irrépressiblement, certainement, de vous laisser aller, à votre tour, à devenir un mage : celui qui se met en route pour aller adorer plus petit que soi, le véritable Emmanuel, loin de là où il se sent fort et sûr. Et en revient, ni tout à fait le même, ni parfaitement un autre…

Saint Noël ! - Edito Décembre 2020

SAINT NOEL !

PUER NATUS EST !

C’est le mystère de l’Incarnation que nous fêtons.

Dans l’intimité des bougies d’une crèche, le murmure confidentiel de l’Amour tient vive en nous sa présence. Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, conçu du Saint Esprit est né de la Vierge Marie.

L’âme des tourbes, il m’en souvient, se mirait dans mes yeux quand au-delà de l’ombre existentielle, le Christ me saisit et me retourna radicalement. C’était il y a des années, à l’âge où les révoltes vous rongent le cœur, où les doutes sournoisement tissent des certitudes et où il suffit de croiser le regard d’une jeune fille pour vous bouleverser la vie. De haute lutte, à grands renforts de coups de plume qui noircissait le vélin, à grands coups de gueule aussi que les nuits obscures provoquaient, j’ai refusé d’y croire ; et soudain, me labourant le cœur comme une charrue la terre, l’esprit de Dieu prit aussi maison chez moi et me retrouvai en Lui.

Chaque jour, je me lave les yeux, l’âme et l’esprit dans l’humilité de la révélation affirmant avec Angélus Silesius « que m’importe que Jésus soit né à Bethléem s’Il ne renaît pas chaque jour dans mon cœur. »

Un Sauveur nous est né qui accompagne la solitaire errance de l’homme au creux des dunes fouaillées par l’hiver.

Un Sauveur nous est né qui rend dérisoires ces cris et vociférations déversées et vomies dans nos cités.

Un Sauveur nous est né qui lave le désespoir rauque et barbare de l’agonie d’un monde.

Un Sauveur nous est né qui lance depuis la nuit des temps aux monstres accouchés des songes de la raison l’innocence d’un enfant né qui sourit aux étoiles.

Un Sauveur nous est né quand des matures décharnées de rêves moribonds jettent à la côte tourmentée leurs longs déchirements de colère à cheval sur la crête des vagues océanes.

Un Sauveur nous est né lavant toutes ces tristesses qui peuvent envahir tellement l’âme que la voix finirait par se taire.

Ce soir, je laisse l’encre des quotidiens qui charrient l’égoïsme, les catastrophes, le sinistre despotisme sanitaire- outil bien commode pour néantiser l’homme et masquer la vérité- et me laisse habiter par la lumière du silence.

Le poète s’enfièvre ou s’attendrit, le poète nous renvoie les mots de la clarté faite douceur, les lieux où l’enfance irrécusable distille encore le cœur adulte, où il n’est question d’âge et de jeu qu’en face de Celui à qui le mystère appartient.

Poète de l’élégie, poète de la prière, il répand bien des parfums qu’on appellerait volontiers « odeur de Dieu ». L’écriture ! Elle naît dans le silence et le balbutiement, dans l’incapacité de dire, et pourtant elle aspire à récupérer le langage comme une réalité totale. Le poète rend mot tout ce qu’il touche sans exclure le silence. La poésie est un acte de Foi. Le poète écoute ce que dit le temps, même s’il ne dit rien ; et l’être et le désir d’être font un pacte pour un instant. La poésie est un acte d’Amour.

Pour la Noël, en guise de cadeau, j’avais simplement envie de vous présenter un ami qui s’en est allé en 2002 : Jean Claude Renard.

Avec Pierre Emmanuel – autre immense poète chrétien – il m’accompagna sur les chemins de l’amour de Dieu. Sa poésie est peuplée d’écus d’argent, de monnaies serties, tirées comme des peaux de tambourins qui jettent sur les pierres déchaussées leurs silences ludiques ; cette poésie carillonne avec les voix des anges et ruisselle d’Espérance. Pour cette année nouvelle je vous invite à retrouver le pur, le beau et le vrai dans l’Ecriture, dans toutes les merveilles de la création, dans la poésie, la musique, la peinture, le chant et toutes les formes d’art qui traduisent l’indicible.

Il y a chez cet ami qui me visite la volonté de rassembler ce que le mal a dissocié au cours des âges : le goût d’un nouveau monde qui bat sous les haillons de notre actualité.

« Il n’est qu’un lieu de transparence- Entre les îles, l’eau vernale apporte dans le sable ancien une lumière qui transmue.
…………………………………………..
Il n’est qu’un Nom dans la rivière, pâte de manne et de poisson :
Qui boit ici reçoit voyance
Et mange ici devient vivant !
………………………………………………..
Sur le seuil, les locustes foisonnent, le jour couve un versant d’oliviers et de pins.
Je n’ai plus qu’à m’y fier. »
Jean Claude Renard (Le Dieu de Nuit, Ed du Seuil)

 

Tiens la barre ! Avançons au large… - Edito Septembre 2020

Tiens la barre !
Avançons au large…

Quel monde peut-on imaginer qui naîtra des ruines de celui qui s’écroule aujourd’hui ?
En réalité, face à un édifice réduit en ruines, deux attitudes s’offrent aux hommes :
• S’enterrer au milieu des décombres ou les utiliser pour construire une nouvelle demeure.

– Si notre civilisation décide de s’enterrer, elle œuvrera naturellement en détruisant plus profondément encore les formes de vie qui nous ont conduits à semblable banqueroute humaine que le coronavirus n’a fait qu’accélérer.
– Si elle décide de construire une nouvelle demeure, elle doit naturellement négliger les plans de l’architecte qui dessina la maison aujourd’hui réduite à néant.

Il y en a qui, au regard des mesures disciplinaires décrétées par nos gouvernants augurent que nous nous précipitons vers une dictature. Mais ce qui est certain, c’est que le communisme – comme le capitalisme –est une phase dépassée de la dialectique hégélienne. La démonstration la plus cinglante nous est faite par le cas chinois où le communisme est un ingrédient de plus rajouté à une recette de ragoût beaucoup plus amère et effrayante encore.
La nouvelle forme de tyrannie qui se trame – beaucoup plus intéressée à tuer les âmes que les corps – fut déjà anticipée par Donoso Cortes (1809-1853)
« Dans le monde antique, la tyrannie fut féroce et cependant, cette tyrannie était limitée physiquement, parce que tous les états étaient petits et que les relations internationales étaient presque impossibles. Aussi n’y eut-il point dans l’antiquité de tyrannie sur une grande échelle, si ce n’est une seule, celle de Rome. Combien les choses sont changées ! Messieurs, les voies sont préparées pour une tyrannie gigantesque, colossale, universelle. Examinez bien : il n’y a point de résistances physiques ni morales – physiques, parce qu’avec les bateaux à vapeur, les chemins de fer et le télégraphe électrique, il n’y a ni frontières ni distances, – morales, parce que tous les esprits sont divisés, tous les patriotismes sont morts ».
Et cette tyrannie gigantesque conjuguera capitalisme et communisme en une intime union, car – comme nous l’enseigne Castellani – « les deux coïncident en leur noyau mystique, qui n’est autre qu’un messianisme technolâtre et anthropolâtre ». Réussir cette synthèse entre communisme et capitalisme, c’est à cela que s’attachent et œuvrent nos gouvernants, dont l’objectif primordial n’est pas – comme pense l’anticommuniste primaire – d’exproprier mais plutôt de faire disparaître la petite propriété répartie entre beaucoup, ce qui bien entendu provoquera la destruction de nombreux postes de travail. Alors apparaitra, comme le vautour devenu colombe, la ploutocratie transnationale, qui achètera aux propriétaires ruinés leurs affaires en faillite à des prix ridicules et offrira aux travailleurs licenciés des travaux exténuants de livreurs de pizzas esclavagisés par Uber Eats ou d’empaqueteurs d’achats en ligne chez Amazon ou autres espèces de charognards. Et pendant que la ploutocratie pille et dévaste tout le tissu économique, les gouvernants en effet auront tout loisir de développer les rhétoriques communistes, démagogiques, en distribuant l’aumône (la rente minimale universelle !) et les droits de la braguette à des masses chaque fois un peu plus domestiquées ou dressées, leur faisant croire de surcroît qu’ils sont les justiciers qui corrigent les inégalités, alors qu’en réalité ils ne seront rien d’autres que des pantins au service d’une ploutocratie boulimique qui saccage les décroissantes classes moyennes jusqu’à les exterminer définitivement.
Evidemment que cette ploutocratie boulimique ne renoncera pas aux directives de son catéchisme économique (croissance économique à l’infini, éléphantiasis de l’économie financière, etcetera) et anthropologique (exaltation d’une nouvelle religion qui, exalte en même temps la luxure et qui interdit la fécondité). Il est clair, qu’après cette hécatombe coronavirique, les gouvernants fantoches devront imposer certaines limites à leurs idées chimériques* d’une société ouverte qui ouvre ses portes à toute âme qui vive (y compris les virus) pour faciliter la mobilité de l’emploi et la circulation des capitaux. Mais ce ne seront que des limites cosmétiques, qui pourront s’escamoter facilement ; car à ce moment-là, ils pourront compter sur des masses beaucoup plus obéissantes, malléables et grégaires, suite au long confinement, dépendants de travaux infimes et de l’aumône de l’Etat. Vous réalisez, la moitié du monde est restée en résidence surveillée pendant des mois sans broncher (à part dans ce qu’on appelle scandaleusement « les territoires perdus de la république ».) Ne pas le réaliser relèverait d’un aveuglement volontaire qui fait écho à « La servitude volontaire » (Petit opuscule écrit en 1576 par Etienne de la Boétie à l’âge de 18 ans).
« L’homme d’aujourd’hui, on le fait tenir tranquille […] nous sommes étonnamment bien châtrés […] Je hais cette époque où l’homme devient, sous un totalitarisme universel, bétail, doux, poli et tranquille. » écrivait Saint Exupéry.
Car « à force de tout voir on finit par tout supporter ; à force de tout supporter, on finit par tout tolérer ; à force de tout tolérer, on finit par tout accepter ; à force de tout accepter, on finit par tout approuver ». Saint Augustin.
L’objectif commun de ces gouvernants pantins et de la ploutocratie sera un nouvel ordre mondial athée, ou un syncrétisme religieux mielleux qui s’imposera sans grandes démonstrations affectées, usant de la même discrétion avec laquelle durant cette crise, on a interdit de visite les anciens enfermés dans les EPHAD ( quand on pouvait sortir promener son chien) on a privé des sacrements les agonisants, et leurs cadavres ont été précipités sans famille ni prêtre dans les fours crématoires de l’hospitalisme.
« Il serait tout aussi faux d’affirmer que nous avons redécouvert le tragique, la mort, la finitude, etc. La tendance depuis plus d’un demi-siècle maintenant, bien décrite par Philippe Ariès, aura été de dissimuler la mort, autant que possible ; eh bien, jamais la mort n’aura été aussi discrète qu’en ces dernières semaines. Les gens meurent seuls dans leurs chambres d’hôpital ou d’EHPAD, on les enterre aussitôt (ou on les inci¬nère ? l’incinéra¬tion est davantage dans l’esprit du temps), sans convier person¬ne, en secret. Morts sans qu’on en ait le moindre témoignage, les victimes se résument à une unité dans la statistique des morts quoti¬diennes, et l’angoisse qui se répand dans la population à mesure que leur total augmente a quelque chose d’étrangement abstrait.
Un autre chiffre aura pris beaucoup d’importance en ces semaines, celui de l’âge des malades. Jusqu’à quand convient-il de les réanimer et de les soigner ? 70, 75, 80 ans ? Cela dépend, apparem¬ment, de la région du monde où l’on vit ; mais jamais en tout cas on n’avait exprimé avec une aussi tranquille impudeur le fait que la vie de tous n’a pas la même valeur ; qu’à partir d’un certain âge (70, 75, 80 ans ?), c’est un peu comme si l’on était déjà mort. Toutes ces tendances, je l’ai dit, existaient déjà avant le coronavirus ; elles n’ont fait que se manifes¬ter avec une évidence nouvelle. Nous ne nous réveillerons pas, après le confinement, dans un nouveau monde ; ce sera le même, en un peu pire » écrit Houellebecq
C’est plus ou moins ce qui nous attend si nous nous résignons à être enterrés avec les décombres de ce monde, et le plan de relance européen signé à Bruxelles que le chef d’état français qualifie d’historique pour l’Europe, précipite nos illusions dans les égouts de l’histoire au même titre que les accords de Schengen.
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En revanche, si en vérité nous souhaitions construire une nouvelle demeure avec les débris de l’ancienne, il faudrait commencer par renoncer au mondialisme et à toutes les relations politiques, économiques, culturelles et humaines qu’il a générées. Il faut retrouver « le lien entre la terre-mère et la communauté qui l’habite » ; et j’ajouterai les liens intracommunautaires. Les années à venir, tous les laquais du mondialisme – autant la gauche petit caniche que la droite Saint Bernard – grimeront leur âme altermondialiste sous le chuchotement d’un retour à la maison commune de l’Etat Nation.
La plaie du coronavirus a révélé les conséquences de leurs massacres : reconversions et délocalisations industrielles, dépendance des matières premières lointaines, abandon de la souveraineté financière et monétaire, démantèlement de l’agriculture et de l’élevage. Houellebecq écrivait déjà dans « Sérotonine » :
« Ce qui se passe en ce moment avec l’agriculture en France, c’est un énorme plan social, le plus gros plan social à l’œuvre à l’heure actuelle, mais c’est un plan social secret, invisible, où les gens disparaissent individuellement, dans leur coin, sans jamais donner matière à un sujet pour BFM ».
Le fond de relance rurale de Bruxelles a été divisé de moitié passant de 15 à 7,5 milliards d’euros.
Et maintenant ces gallinacées vont essayer moult démonstrations outrées et pleurnicheries, affectant des repentirs pour que nous remordions à l’hameçon qu’ils nous tendent. Et le Président de l’Etat français pavane sous son hâle de rayons élyséens, méprise et les écrase les petites gens et nous parle de se réinventer. Ainsi, pendant qu’ils s’insultent copieusement entre eux, communistes ! capitalistes ! sous des publications ou proclamations apparemment opposées, ils nous rabâcheront à nouveau tout leur menu fretin qui au bout du compte, se résume à un abandon de la richesse nationale à l’oligarchie mondiale ; c’est l’engrais de la dégénération morale des peuples, qui deviennent ainsi impuissants à tout effort vital, anémiques et aseptisés, devenant chaque fois plus inféconds et soumis, frappés d’incapacité à construire une famille et à lutter pour sa dignité au travail ( l’une ne va pas sans l’autre).
Simone Weil écrit dans « L’Enracinement » publié en 1949 :
« L’enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine. C’est un des plus difficiles à définir. Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l’existence d’une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments d’avenir. Participation naturelle, c’est-à-dire amenée automatiquement par le lieu, la naissance, la profession, l’entourage. Chaque être humain a besoin d’avoir de multiples racines. Il a besoin de recevoir la presque totalité de sa vie morale, intellectuelle, spirituelle, par l’intermédiaire des milieux dont il fait naturellement partie »

Le moindre effort de reconstruction devra jeter à la poubelle de l’Histoire la gauche petit caniche et la droite Saint Bernard, qui sont mêmes chiens aux colliers distincts même s’ils se battent entre eux pour la chienne innommable afin de confondre les masses abasourdies et provoquer en elles des antagonismes pavloviens.
D’abord, bien entendu, il faudra casser la sécularisation anthropologique (parfois sous des alibis pseudo féministes qui défendent le bouillon clair vaginopénisé, les ventres de location ou les utérus artificiels). Ensuite, il faudra lessiver toutes les formes de rupture entre communauté et province ; du séparatisme solipsiste au cosmopolitisme futile qui détruit les frontières et dévaste les ressources naturelles, à travers l’exaltation du tourisme, la technologie, le commerce électronique et le consumérisme effréné. La nouvelle demeure devra se construire sur la base d’une autarcie qui garantisse, face à une nouvelle catastrophe, la vie et la sécurité des personnes qui l’habitent, fomentant une économie autosuffisante, avec une industrie et une agriculture de proximité qui nous ravitaillent en produits de base et nous épargnent les caprices propres aux sociétés décadentes qui tout en détruisant la nature, grimacent des postures et impostures écologrettathumbergiennes. Pour que ceci soit possible, il faudra retrouver une indépendance financière et monétaire qui permette une authentique indépendance politique ; ce qui exigera de lâcher les amarres d’avec les lupanars globalistes qui, sous l’alibi d’européanisme, nous ont convertis en colonies. Il est évident que cette autarcie de base ne signifiera pas isolement ; mais les alliances politiques ou économiques qui s’inscriront dans cet hypothétique futur devront être régies par de nouveaux critères, fraternels et concomitamment respectueux de l’idiosyncrasie de chaque peuple, qui naturellement devra défendre sa tradition culturelle et religieuse. Ceci ne signifie pas que nous soyons tous obligés de croire en Dieu par décret, mais de nous reconnaitre en une identité civilisationnelle propre qui naturellement, pourra s’allier avec d’autres identités en sincère et réciproque amitié. Mais ceci ne signifie pas non plus que l’Eglise se contente d’assister à la délitation d’une civilisation qui se fonde en Christ et dont elle est par essence la garante sans faire entendre sa voix.
Comme nous ne suçons plus notre pouce, nous savons que les possibilités que recèle cette reconstruction sont faibles. Dans l’Apocalypse, on nous dit qu’après avoir souffert une plaie, les hommes, au lieu de renier les péchés qui en furent la cause, récidivent sans souci. Et jamais dans l’Histoire il n’y eut une génération plus empoisonnée par la dégénérescence morale ni par les antagonismes pavloviens qui fouettent ses laquais de gauche et de droite que l’actuelle génération. Le faux débat sur la loi bioéthique en est l’aveu terrifiant.
Nous y sommes, nous voyons aujourd’hui la « gaudre » de Panurge et la « droiche , rampante, chacune dans son médiocre lupanar conduire les français jusque dans les mailles du globalisme qui accouche aujourd’hui de l’Islamisme, du LGBTisme, de l’indigénisme, l’écologisme, le véganisme, le racialisme, la promotion de la pornographie, du vagabondage sexuel, de la marchandisation du corps, de toutes ces idéologies véhiculées par des minorités destructrices, manipulées par le NOM (Nouvel Ordre Mondial), soutenues financièrement par George Soros et ses meutes qui finiront par rayer de la mappemonde la France et notre civilisation occidentale. Nos municipalités, Conseils départementaux ou régionaux ne sont pas en reste qui financent pléthore d’associations subversives à coup de subventions puisées dans la poche du contribuable à qui on ne demande d’ailleurs jamais son avis sur la destination exacte de son prélèvement. Ainsi devient-il complice de tous les abus et détournements de fonds par procuration. L’homme excelle à démolir, il est impuissant à reconstruire. En voulant conquérir ce qu’il ne pouvait avoir, il a perdu ce qu’il avait.
Ainsi prophétisait Alexis de Tocqueville (1805-1859) sur l’hédonisme de l’homo festivus.
« Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux (…). Chacun d’eux retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie ».
La rentrée scolaire a vu des millions d’élèves et de professeurs marcher, écouter, enseigner, éduquer, parler, se croiser, respirer, rire ou pleurer, sourire ou grimacer sans visage ou le visage caché derrière un masque. Le visage est l’expression de l’âme. La personne est son visage. Alors dans nos écoles, nous avons pour reconstruire la dignité de la personne, aujourd’hui avilie, le devoir de ne pas appeler « bien » ce qui est « mal »et de cultiver ce qui est beau, ce qui est bon, ce qui est bien, ce qui est pur. Eduquer, ce n’est pas flatter la nature, chercher à plaire, favoriser simplement bien-être et épanouissement ; c’est faire entendre un appel au dépassement, à la conversion du regard et du cœur, faire éclater l’égoïsme et rappeler les lois du monde : celle de la nature, de la vie, de la mort ; celle de l’esprit et de la chair ; celle du travail, la loi morale ; celle qui est une ordonnance de la raison en vue du bien commun, édictée par le responsable de la Communauté, lequel a des comptes à rendre à ceux qu’il gouverne.
« La beauté sauvera le monde » disait Dostoïevski qui pourtant, comme Léon Bloy ou Lautréamont, s’y connaissait en désespoir. La beauté est ce cadeau du ciel pour aider notre espérance et avancer au large.

Avançons au large !

Thierry Aillet

* Quoique ? Laurence Rossignol n’a-t-elle pas déposé au Sénat en pleine pandémie, deux amendements : l’un prévoyant « d’allonger le délai légal de recours à l’IVG, pour le porter à quatorze semaines, contre douze actuellement, et ce « pendant la durée de l’état d’urgence sanitaire, et jusqu’à trois mois après sa cessation », au motif que « la période de confinement accompagnée de la mobilisation de toutes les forces des personnels hospitaliers dans la prise en charge des malades du Covid ont mis en péril le maintien de l’accès à l’interruption volontaire de grossesse », l’autre facilitant les conditions d’accès à l’IMG (Interruption Médicale de Grossesse et n’entend-on pas que le Président de la République a souhaité prolonger jusqu’au 31 juillet la session extraordinaire du Parlement en vue de l’examen, en seconde lecture, à l’Assemblée nationale, du projet de loi relatif à la bioéthique). Il n’était pas encore question d’IMG sans limite. A la faveur de la nuit du 1er août, dans un hémicycle quasi désert, les parlementaires voteront, l’avortement jusqu’au terme, pudiquement qualifié d’interruption médicale de grossesse et l’autorisation de créer en laboratoire des chimères homme-animal à partir d’embryons sacrifiés?

« L’homme d’hier peut-il redevenir le frère de l’homme d’aujourd’hui ? ». - Edito Juillet 2020

« L’homme d’hier peut-il redevenir le frère de l’homme d’aujourd’hui ? ».

Une affirmation grotesque, très répandue chez certaines personnes férocement idéologisées, oppose les vertus de justice et de charité, considérant de manière absurde que la charité n’est juste que pure bienfaisance.
Mais ce qui est certain, c’est que justice et charité sont inséparables ainsi que l’enseigne Saint Jean : « Voici comment se manifestent les enfants de Dieu et les enfants du diable : quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu, et pas davantage celui qui n’aime pas son frère. » 1 Jean 3,19). Et cette méthode infaillible pour distinguer les enfants de Dieu des enfants du diable se complète avec cette autre affirmation médullaire de Saint Jean incluse dans la même épître : 20 Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. » (1 Jean 4,20).
Et Jean nous dit aussi qu’on peut proclamer « J’aime Dieu » tout en étant un grand fils du diable, si en vérité on n’aime pas son prochain. Mais comme l’amour de son prochain exige justice et charité, il faut aussi inclure parmi la progéniture diabolique ceux qui rendent une fausse justice à leur frère, celle qui ne serait pas inspirée par la charité, ou bien une fausse charité, celle qui n’observerait pas la justice. Chesterton évoqua les « vertus folles » pour désigner cet acharnement si contemporain à vouloir arracher, aliéner, faire table rase des vertus, les isolant jusqu’à les rendre méconnaissables, néantisées ; et peut-être qu’il n’y a pas plus folles que les vertus de justice et charité, qui d’ailleurs peuvent revêtir les oripeaux de la solidarité et travestir de bons sentiments l’hypocrisie des philanthropes.
La philanthropie contemporaine, pour s’affranchir de l’enseignement de Saint Jean a substitué ce Dieu, converti en entéléchie, par une autre entéléchie beaucoup plus laïque : L’humanité. Elle proclame : « j’aime l’humanité » et nous fait croire que parmi ces fils il n’y a pas de diable, qu’elle aime seulement quelque chose qu’ils ne voient pas (Dieu) et ils n’aiment pas le prochain qu’ils voient.
Mais l’humanité est exactement le contraire du prochain. Il arrive à de nombreux philanthropes contemporains la même chose qu’à ce médecin dont les propos sont rapportés par le starets Zosime dans « les Frères Karamazov de Dostoïevski : « « J’aime l’humanité, mais à ma grande surprise, plus j’aime l’humanité en général, moins j’aime les hommes en particulier comme individus. J’ai plus d’une fois rêvé passionnément de servir l’humanité, et, peut-être fussé-je vraiment monté au Calvaire pour mes semblables s’il n’avait fallu, alors que je ne puis vivre avec une personne deux jours de suite dans la même chambre, je le sais par expérience. Dès que je sens quelqu’un près de moi, sa personnalité opprime mon amour propre et gêne ma liberté… Je deviens l’ennemi des hommes dès que j’entre en contact avec eux. En revanche, plus je déteste les gens en particulier, plus je brûle d’amour pour l’humanité en général. » Pléiade : p 59-60
Et un peu plus loin, Ivan Karamazov, le cadet des trois, intellectuel athée se révélant proche du prototype de l’homme moderne, confesse à son frère Aliocha : « Je dois t’avouer une chose, commença Ivan, je n’ai jamais pu comprendre comment on peut aimer son prochain. C’est précisément, à mon idée, le prochain qu’on ne peut aimer ; du moins ne peut-on l’aimer qu’à distance. J’ai lu quelque part, à propos d’un saint, « Jean le Miséricordieux », qu’un passant affamé et transi, vint un jour le supplier de le réchauffer ; le saint se coucha sur lui, le prit dans ses bras et se mit à insuffler son haleine dans la bouche purulente du malheureux, infecté par une horrible maladie. Je suis persuadé qu’il fit cela avec effort, en se mentant à lui-même, dans un sentiment d’amour dicté par le devoir, et par esprit de pénitence. Il faut qu’un homme soit caché pour qu’on puisse l’aimer ; dès qu’il montre son visage, l’amour disparaît ». Pléiade P.256
Dostoïevski s’érige en véritable interprète de Saint Jean. Aimer l’humanité est la grande incantation du moderne fils de Belzébuth, qui de plus s’indignerait en jouant les vierges effarouchées s’il nous venait à lui demander de cesser d’aimer ce qu’il ne voit pas et d’aimer plutôt son plus proche prochain ; qu’il l’accueille chez lui, qu’il lui permette de rester assis de longues heures à sa table à supporter des éternuements. Cet amour du prochain qui participe de la justice et de la charité est ce qu’il y a de plus difficile parce qu’il nous empêche de nous évader pour fuir la réalité avec des pensées philanthropiques nébuleuses.

Cet amour du prochain ne se démontre pas en réclamant à l’Etat que les EPADS soient mieux dotés, mais en assumant que nous sommes chacun d’entre nous ceux qui devons-nous occuper de nos anciens ( pour faire court, de nos parents).Et pour pouvoir nous charger d’eux comme ils le méritent, nous devrons exiger de ceux qui nous gouvernent qu’ils fassent ce qu’ils doivent, c’est-à-dire favoriser une vie authentiquement communautaire qui protège les liens familiaux et améliore les conditions de travail afin de disposer du temps nécessaire pour pouvoir nous occuper de nos parents avec justice et charité.
La plaie coronavirique dont nous souffrons est une opportunité exceptionnelle pour démontrer que nous sommes capables d’aimer notre prochain, au lieu de nous conformer à un amour de l’humanité…Appelons cela la charité nue.

DECONFINES … ET TOUJOURS CONFINES ! - Edito Mai 2020

DECONFINES … ET TOUJOURS CONFINES !

Comment pourrait-on aujourd’hui mettre en doute l’abnégation, la capacité de discernement des chefs d’établissement dans leur ensemble, des équipes pédagogiques, éducatives, pastorales et administratives de nos établissements catholiques, de la DDEC et de l’UDOGEC, ni leur force de résistance aux coups, aux contretemps à la bêtise humaine, administrative, à l’infantilisation ministérielle et la distillation par médias interposés de la peur pour un peu mieux manipuler ?
Oui, le confinement a révélé combien les habitaient le pur sens des responsabilités, leur grandeur d’âme à porter avec oubli de soi l’inédit et à supporter l’insupportable souvent, habités qu’ils sont par la foi, l’espérance et la charité.

Lors, ce que je vois venir, c’est qu’à un moment donné, ce ne sera plus supportable ; à un moment donné tout va exploser et nous serons submergés, décivilisés, anéantis par le tsunami familial, éducatif, social, économique, financier, moral et la subversion calculée des minorités destructrices financée par la ploutocratie qui lancent les hordes misérables du « Camp des saints » déferler et brûler ce qu’il reste de la mémoire occidentale ; je vois tout ce qu’on n’a pas voulu ni entendre, ni voir ni donc anticiper. On en devinait déjà les prémices à la Libération ; de grandes figures ont alerté ; lorsque les prélats et le Pape donnaient de la voix le monde entier écoutait, surtout les ennemis de l’Eglise (laquelle est devenue un cheval de Troie habité par ceux-là mêmes) qui cherchèrent tous les moyens pour la faire taire ( par la mort physique, morale ou spirituelle ) Et voilà la question lancinante : quel monde allons-nous laisser à reconstruire à nos enfants et petits-enfants quand l’Etat Français servilement manipulé par la nébuleuse ploutocratique et globaliste aura rompu toutes les amarres qui leur permettaient naturellement (Dieu, la famille, le village, le travail, la patrie) de grandir et de pérenniser à leur tour la pratique des vertus qu’on leur aura transmises (Fidélité, courage, prudence, charité, justice, force et tempérance).
Tout cela parce que s’il est une chose qui est mal comprise ou étouffée dans l’œuf, c’est bien la générosité. Le propre de l’esprit mesquin, calculateur, est de ne pas pouvoir imaginer la générosité. Le faible peut imaginer ce qu’est la force, le sédentaire peut imaginer le voyage, mais le mesquin ne peut pas imaginer la générosité (les prédateurs qui nous gouvernent distribuent l’argent qui n’est pas le leur non pas généreusement mais vénalement). La générosité, le don noble et gratuit sont au sens propre inimaginables. Ce sont des réalités. Le mesquin ne pouvant imaginer la générosité- mais qui doit bien en constater quelquefois les manifestations-, se trouve obligé par sa tournure d’esprit à supputer des motifs intéressés, sous-jacents aux actes généreux qu’il ne comprend pas. Sa morale s’établit sur la conformité de l’acte à l’utilité. C’est une morale pour laquelle la fin justifie les moyens. (Même chez nous, le ver est dans le fruit). « Ils ont la science, mais une science assujettie aux sens. » (F.Dostoïevski)
Et pourtant, il faut tout reconquérir. Quand on voit la destruction des paysages, leur profanation, on a vite compris que c’est un enlaidissement de l’âme et un péché contre l’esprit.
Si le monde moderne, après avoir entrepris la destruction de toute forme de pensée métaphysique ou sapientielle, en est venu à détruire, en grand, les paysages naturels (aujourd’hui ce sont les champs d’éoliennes qu’on veut de plus en plus hautes pour voler de plus en plus de vent), ce n’est point par hasard. Tout se tient : nos paysages et nos pensées, de même que se tiennent l’irrévérence et la barbarie. Le monde moderne cultive une inimitié farouche pour toute forme de recueillement. Or les paysages nous recueillent. Nous nous recueillons dans les paysages et nous recueillons en nous, pour les porter dans le secret des âmes et du dire poétique, les paysages. Ce lien, cette concordance, cette correspondance simple, le monde moderne en a horreur. Toute l’énergie qu’il met à constituer une réalité virtuelle tient en cette horreur. Comment comprendre cette horreur ? Mais comme elle fut toujours comprise : comme l’œuvre du Diable, du Diviseur ! De cette force qui divise, qui oppose l’inopposable naturel, le monde moderne a démultiplié les pouvoirs et accouche d’une culture de l’inversion. Nous en sommes là, et au point où cette simple évidence que les pensées naissent de paysages, apparaîtra bientôt comme une chose étrange ou incongrue. Le monde moderne a créé toutes les conditions de déracinements, de déforestation, d’éradication de l’âme des peuples pour mieux laisser la chimère « ravager » nos terres. Il faut reconquérir la fierté et l’humilité pour ne pas laisser l’imposture se « réinventer ». Il faut tout reconquérir ! A commencer par l’unisson. La première liberté humaine, le premier « droit de l’homme » devrait être le droit au silence, qui inclut le droit de se taire et la liberté d’écouter comme la liberté de parler et le droit d’entendre le silence. Tournons-nous vers la Sapience musicale du Moyen âge. Ecoutons Guillaume de Machaut ou Sainte Hildegarde de Bingen (Docteur de l’Eglise), laissons résonner en nous cette prodigieuse méditation sur le son, sur la mathématique et sur la vibration matérielle du son et nous aurons quelque chance de comprendre comment naissent nos pensées, et comment il advient que l’Esprit accomplisse ses œuvres à travers elles.
L’être qui est orienté par le profit, par la conformité sociale s’oppose à celui qui est orienté par la quête de la beauté et de la connaissance. Ce sont ces appartenances secrètes à la matrice artistique, à l’intimité poétique qui déterminent le destin de la personne, bien davantage que les appartenances aux classes sociales, aux masses uniformes gesticulantes, salissantes et aboyeuses qui hantent les nuits des morts vivants, les impostures ecologrettathunbergiennes ,les fêtes des voisins et les laquais de la déculture , de l’ « homo festivus »( Ph Muray) ou tout « auteur » est par définition immoral, car tout ce qui n’est pas vénal est immoral. Le paysage que le poète honore et chante est un point de jonction. Il est à la fois paysage de l’âme et du monde. Se reconnaître dans ce paysage, y célébrer sa présence, y attendre l’épiphanie, c’est bien reconnaître que le site, et par voie de conséquence, l’âme humaine, ne sont pas réductibles au genre ou à l’espèce.

Ortega y Gasset résume, avec brio, la situation : « on peut facilement formuler ce que notre époque pense d’elle-même : elle croit valoir plus que toutes les autres tout en se croyant un début et sans être sûre de ne pas être une agonie ».