Durant cette année scolaire 2021-2022, l’Enseignement Catholique poursuit une réflexion collective, entamée en 2018, pour envisager son avenir immédiat et à long terme. Il s’agit de mettre en marche une démarche prospective. Tous les enjeux de cette démarche sont traversés par une question : « Quel avenir pour l’Enseignement Catholique ? ». Autrement dit : « La Mission de l’Enseignement Catholique est-elle encore valable pour le monde d’aujourd’hui ? ».
Cette démarche prospective invite chaque établissement, chaque équipe de direction, chaque enseignant à porter un regard de lucidité sur son action quotidienne. La façon dont on enseigne, dont on éduque, dont on vit les relations au sein de l’établissement est-elle signe d’une présence indicible qui nous dépasse ? De quels moyens pouvons-nous nous doter pour lutter contre l’échec scolaire et contribuer à former des citoyens animés par un désir de construction d’un monde plus juste ? Les enseignants sont-ils conscients de participer à un projet chrétien qui invite chaque élève à prendre en compte son intériorité, son identité propre, son désir de transcendance ? Prenons-nous suffisamment au sérieux le mal-être de certains jeunes qui nous sont confiés ?
Faire œuvre de prospective, c’est aussi renouveler notre approche de la pastorale, un renouvellement qui touche à la fois notre appréciation des choses, nos postures et nos choix de mise en œuvre. Ce renouvellement pourra se faire à la faveur de deux convictions : son rôle doit être transversal et elle est appelée à créer des structures dans les écoles où, sans peur d’accueillir ce qui est changeant, ce (Celui) qui demeure apparaît avec une clarté nouvelle au service de tous.
Le Pape François nous a rappelé en ce sens que « chaque homme et chaque femme est une mission, et c’est la raison pour laquelle on vit sur terre. Vivre avec joie sa propre responsabilité pour le monde est un grand défi. Et une telle expansion suscite la rencontre, le témoignage, l’annonce ». Pour lui, à la suite de l’enseignement de Vatican II, une authentique éducation des enfants doit viser qu’ils « deviennent capables de s’insérer activement dans les groupes qui constituent la communauté humaine, de s’ouvrir au dialogue avec l’autre et d’apporter de bon cœur leur contribution à la réalisation du bien commun » (CVII, Gravissimum educationis). Une telle perspective humaniste se trouve aujourd’hui remise en cause de différentes manières : Par l’individualisme et le consumérisme ainsi que par la culture de l’indifférence. C’est en affrontant avec audace les difficultés du temps présent que l’Espérance s’ancre dans la réalité et nous permet d’ouvrir des voies inédites en vue de créer une alliance éducative capable de dynamiser toutes les forces vives : enseignants, parents, chefs d’établissements, APS, personnel OGEC, etc., et revitaliser ainsi ce qui semble sans vie mais qui n’est qu’endormi.

Mme Isabelle VELASCO,
Adjoint du Directeur diocésain pour la Pastorale