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Le bulletin d'information de la Direction Diocésaine
Thierry Aillet

Thierry Aillet

Directeur Diocésain

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ».
Saint Paul (1 Co 12,26)

L’un des traits les plus marquants du Pape François est sa croyance obstinée et indéfectible en l’existence de Satan. Il n’est pas une semaine où il ne se réfère à cet Ennemi du genre humain, ou à ses œuvres malignes dans chacun de ses sermons… Et il ne se réfère pas à lui comme s’il s’agissait d’une abstraction (un mal abstrait qui pullule par ci par là, comme un pet cosmique ou une émanation de gaz), mais toujours d’une façon personnelle, comme il est certain le faisait Jésus, dont la vie publique fut toujours épiée par Satan, depuis sa retraite dans le désert jusqu’à Gethsémani. De telles références ou mentions papales font grincer des dents la sensibilité contemporaine, qui juge que l’existence de Satan relève d’une superstition infantile ou qui confond le diable avec un Mal abstrait rivalisant à égalité de conditions avec un Bien tout aussi abstrait, engageant une lutte irrésoluble et, pour autant banale  ( c’est ainsi que s’explique par exemple, que la pensée et l’art contemporains n’aient plus ni drame, ni conflit en son sein et se soient convertis en carcasses vides, un art et une pensée sans excellence).

Naturellement, l’insistance papale dans ces mentions est communément passée sous silence ou pour le moins éludée par les « medias » d’endoctrinement de masses, qui de cette façon confirment leur acharnement à offrir une image fragmentée et distortionnée de notre Saint Père qu’ils souhaitent récupérer à des fins inavouables.

Charles Baudelaire (peu suspect de grenouiller dans les bénitiers) dans son journal intime écrivait : « La plus belle ruse du Diable est de nous persuader qu’il n’existe pas. » Et une telle astuce n’a jamais récolté autant de succès qu’aujourd’hui. Il n’y a pas que les sceptiques pour qui c’est une habitude qui nient son existence ; même parmi les chrétiens, il est fréquent d’en croiser pour qui l’existence du diable est une fable dérisoire, bonne à faire parler les gens incultes, influençables et irréconciliables avec l’existence d’un Dieu miséricordieux. Il en est même qui, vêtus des oripeaux de la bonne conscience servile et aseptisée à la mode N-O-M ( Nouvel Ordre Mondial), s’insurgent contre l’Eglise parce qu’elle ose dire du mal du mal. Or, lorsque l’Eglise du Christ est sujette à la raillerie, au lynchage médiatique, à la persécution, c’est chaque baptisé qui se sent attaqué et blessé et qui ne peut pas utiliser les armes de l’adversaire. « La vérité ne s’impose que par la force de la vérité elle-même ». (Vatican II)

« On ne réforme l’Eglise qu’en souffrant pour elle, on ne réforme l’Eglise visible qu’en souffrant pour l’Eglise invisible. On ne réforme les vices de l’Eglise qu’en prodiguant l’exemple de ses vertus les plus héroïques. Il est possible que saint François d’Assise n’ait pas été moins révolté que Luther par la débauche et la simonie des prélats. Il est même certain qu’il en a plus cruellement souffert, car sa nature était bien différente de celle du moine de Weimar. Mais il n’a pas défié l’iniquité, il n’a pas tenté de lui faire front, il s’est jeté dans la pauvreté, il s’y est enfoncé le plus avant qu’il a pu, avec les siens, comme dans la source de toute rémission, de toute pureté. Au lieu d’essayer d’arracher à l’Eglise les biens mal acquis, il l’a comblée de trésors invisibles, et sous la douce main de ce mendiant le tas d’or et de luxure s’est mis à fleurir comme une haie d’avril. Oh! Je sais qu’en de tels sujets, les comparaisons ne valent pas grand-chose, surtout lorsqu’elles ne sont pas exemptes d’une pointe d’humour. Me serait-il permis de dire pourtant, afin d’être mieux compris par certains lecteurs, que l’Eglise n’a pas besoin de critiques mais d’artistes?… En pleine crise de la poésie, ce qui importe n’est pas de dénoncer les mauvais poètes ou même de les pendre, c’est d’écrire de beaux vers, de rouvrir les sources sacrées. L’Eglise n’a pas besoin de réformateurs, mais de saints ». Georges Bernanos (Frère Martin, in « La Vocation spirituelle de la France »

Il arrive cependant que ces mêmes qui nient l’existence du démon, lorsqu’ils prétendent localiser l’ultime instance du Mal dans les complots secrets qui gouvernent le monde, ont besoin de recourir à de grotesques théories conspiratives et à des complots d’ampleur et d’étendue universelle, planifiées par des organisations ultrasecrètes. Et comme le dit Fabrice Hadjadj dans son magnifique essai sur La foi des démons : « C’est la part de vérité que contiennent les très fausses théories du complot. Elles prétendent localiser ultimement le mal dans les ourdissages secrets, avérés ou imaginaires de quelque communauté humaine : protocoles des sages de Sion ou Franc-maçonnerie, Opus Dei ou Al-Qaïda…Quelle candeur ! Elles oublient de remonter à une conspiration plus secrète encore et plus tentaculaire, c’est-à-dire angélique ».

« Comment savoir si une chose vient de l’Esprit Saint ou si elle a son origine dans l’esprit du monde ou dans l’esprit du diable ? Le seul moyen, c’est le discernement qui ne requiert pas seulement une bonne capacité à raisonner ou le sens commun. C’est aussi un don qu’il faut demander. Si nous le demandons avec confiance au Saint Esprit, et que nous nous efforçons en même temps de le développer par la prière, la réflexion, la lecture et le bon conseil, nous pourrons sûrement grandir dans cette capacité spirituelle. (Gaudete et exsultate, exhortation apostolique du Saint Père François n°166).

En ce début d’année scolaire, « Demandons au Seigneur la grâce de ne pas vaciller quand l’Esprit nous demande de faire un pas en avant ; demandons le courage apostolique d’annoncer l’Évangile aux autres et de renoncer à faire de notre vie chrétienne un musée de souvenirs. De toute manière, laissons l’Esprit Saint nous faire contempler l’histoire sous l’angle de Jésus ressuscité. Ainsi, l’Église, au lieu de stagner, pourra aller de l’avant en accueillant les surprises du Seigneur » .(Gaudete et exsultate, exhortation apostolique du Saint Père François n°139).

Belle année scolaire !